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Quelle voix possédait la Grèce il y a 1800 ans ? Quels instruments de musique animaient les rues athéniennes de cette lointaine époque ?

Grâce au travail des chercheurs du monde, nous sommes en mesure de reconstituer peu à peu les grandes civilisations de notre passé. Mais certains indices sont plus périssables que d’autres.

Alors que nous pouvons plus ou moins nous faire une image de l’antique paysage grec, nous n’avions jusqu’à aujourd’hui, qu’une idée très vague de ce qu’étaient les musiques populaires de cette époque. Pour y parvenir, il fallait pouvoir décrypter et assembler tous les indices qu’ils avaient laissé derrière eux. C’est exactement ce qu’a fait le docteur Armand D’Angour, musicien et professeur en classique de l’Université d’Oxford. En étudiant de près les instruments et les instructions datant de la Grèce Antique, il est parvenu à recréer une mélodie vieille de 1800 ans avec une précision de 100 %.

« Il est tout à fait certain qu’il est possible de reconstituer le son de cette musique à l’original. Des instructions claires ont été laissées, il y a des centaines d’années, sur la façon de créer les instruments utilisés pour la musique et ce, avec une précision mathématique ».

 

Orphée et sa lyre

 

David Creese, musicien classique de l’Université de Newcastle, interprète une musique de Sappho, chanteuse lyrique et poétesse de la Grèce Antique, grâce à un instrument proche de la cithare :

 

 

Sur quoi se sont basés les chercheurs pour reconstituer cette musique ?

 

Odysseus Weeping at Song of Demodocus

 

  1. Les instruments de musique :  Le temps aura épargné quelques vestiges encore marqués des peintures de l’époque où sont représentés des instruments de musique comme des mirlitons et des lyres.
  2. Le rythme : Il est préservé par écrit et traduit par des syllabes longues et courtes.
  3. Les inscriptions : Des compositions musicales complètes et parfaitement lisibles ont été retrouvées sur des papyrus et de la roche datant de cette époque (450 avant Jésus-Christ). Les notes représentent des voyelles surplombées de lettres alphabétiques correspondant à des annotations vocales permettant de déterminer les intervalles musicaux.

 

 

À cette époque, les musiques utilisaient des intervalles délicats comme les quarts de tonalité. D’après le docteur Armand D’Angour, on retrouve un peu de ces mélodies antiques dans les musiques traditionnelles folks de Turquie (oud) et de Sardaigne. Cette ressemblance a permit à l’équipe d’approfondir les recherches sur les sons et les techniques musicales de l’époque.

« Nous parlons d’une période de plus de 1.000 ans. Il y a donc de nombreux styles et sons différents dont beaucoup ont totalement disparu. Nous sommes donc conscients que certains sons, disons du 5ème siècle avant J.C., semblent plus étranges à nos oreilles. En revanche, les mélodies les plus récentes, vers 200 après J.C., ressemblent un peu aux premières musiques d’église ».

 

Après deux années de recherche, l’équipe espère maintenant pouvoir établir le lien qui existait entre les grecs et la musique. Leur hypothèse est que la musique était un outil permettant de retranscrire les émotions grâce à l’imitation des sons. L’imitation était un art très valorisé durant cette époque qui lui conférait une signification supérieure.

 

 

« Certaines mélodies sont absolument entêtantes. Mais ce que je trouve le plus magnifique, c’est de pouvoir écouter des musiques qui n’ont pas été entendues depuis 2.000 ans ».

Sources : Dailymail – Armand d’AngourOpenculture