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Qu’adviendra-t-il des Hommes lorsque la Terre ne sera plus ? Serons-nous encore « de ce monde » pour voir disparaitre tout ce que nous avons connu ? Et si nous survivons, que deviendront nos lois, nos droits, nos identités, notre habitat ou nos enfants ?

Notre étoile a faim. Bientôt il faudra partir. D’ici 4 milliards d’années au mieux, notre monde tout entier disparaitra dans l’antre du Soleil. Cette fin est inéluctable. En attendant, d’autres cataclysmes nous attendent. Les tsunamis, les tempêtes, les éruptions volcaniques ou encore les tremblements de terre ne sont que les premiers dangers que l’être humain aura à surmonter durant son existence. Et tandis que la nature suit son cours, nous devons nous poser la question cruciale de notre survie : Où aller lorsque la Terre cessera d’exister ? Les scientifiques du monde se penchent sur cet épineux problème depuis des décennies.

 

 

Qu’a-t-on apprit de toutes leurs recherches et que pouvons-nous espérer pour l’avenir de notre espèce ?

Face à l’inconnu, difficile de faire le tri parmi toutes les issues possibles. Néanmoins, nos connaissances sur le fonctionnement de l’univers sont suffisantes pour émettre de sérieuses hypothèses.

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Pour commencer, il nous faudra impérativement résoudre tous les problèmes liés à la vie dans l’espace. Que nous décidions de le traverser pour nous implanter ailleurs ou bien d’y vivre, il est notre seule porte de sortie et c’est bel et bien dans l’espace que nous passerons très probablement la première partie de notre nouvelle vie extraterrestre. D’ailleurs, deviendrons-nous de fait des extraterrestres ? Que deviendront nos frontières ? Comment s’appliqueront nos lois ?

 

La grande majorité des citoyens et des scientifiques s’accorde à penser que notre futur est dans l’espace et non sur une autre planète habitable. Il y a plusieurs raisons à cela :

  • La liberté de mouvement / autonomie : Vivre dans l’espace en se servant des planètes comme sources de ravitaillement. Cela permet dans le même temps, une exploration continue de l’univers.
  • La peur du « déjà vu » : Ne pas reproduire les erreurs commises dans le passé. Le gaspillage n’est plus d’actualité. Pour survivre, nous savons aujourd’hui qu’il est nécessaire de préserver nos ressources. Sur un corps limité et « fixe » comme une planète, le manque de ressources peut rapidement devenir une source de conflits majeurs.
  • Les catastrophes naturelles : Elles représentent un danger majeur. L’espace est le seul endroit où nous pourrions échapper à ces cataclysmes.

Cette idée s’accorde avec les théories actuelles sur l’habitabilité. Les chercheurs estiment qu’il y a trois manières différentes de créer une relation entre un organisme, son habitat et son environnement extraterrestre :

  1. La biosphère artificielle comme support de vie : les organismes et leur habitat sont totalement isolés de l’environnement.
  2. La terraformation : changer l’environnement pour le rendre habitable.
  3. Le transhumanisme : changer les organismes afin de les rendre adaptés à leur environnement grâce à la science et aux technologies (génie génétique et création de cyborgs).

 

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À l’heure actuelle, seule la biosphère artificielle relève plus de la science que de la fiction. Cette dernière s’appuie sur le modèle de le Terre qui serait à reproduire. La terraformation est un terme inventé par l’auteur américain Jack Williamson. Il désigne le fait de rendre habitable un corps céleste existant, comme un satellite naturel ou une planète. Enfin, le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international qui prône l’utilisation de la science et des technologies sur le corps humain afin d’en améliorer les capacités physiques et mentales.

Même si les trois théories sont aussi alléchantes les unes que les autres, celle de la biosphère artificielle reste à l’heure actuelle la plus probable et la plus soutenue par la majeure partie des citoyens et des scientifiques.

 

 

À quoi cela pourrait-il ressembler ?

Les concepts étudiés par la NASA sont au nombre de trois :

La sphère de Bernal (proposée pour la première fois en 1929 par John Desmond Bernal) :

 

sphere de bernal

 

L’idée originale consiste en une immense sphère de 1,6 km de diamètre, remplie d’air et prête à accueillir 20 000 à 30 000 personnes. Plus de quarante ans plus tard, le professeur de physique Gerard K. O’Neill propose un modèle de sphère de Bernal modifiée. Celle-ci mesure désormais 500 mètres de diamètre et tourne à 1,9 tours par minute afin de reproduire au mieux la gravité terrestre à l’équateur.

 

sphere de bernal

 

L’intérieur est conçu comme une grande vallée suivant la route de l’équateur et pouvant accueillir 10 000 personnes. À la surface de la sphère, une multitude de miroirs se chargent de canaliser la lumière solaire et de l’acheminer jusqu’aux pôles. La forme sphérique de cet habitat spatial a été choisie pour sa capacité à résister à la pression atmosphérique et aux radiations. Cette version de la sphère de Bernal a été baptisée « Island One » (la Première Île) par le professeur Gerard K. O’Neill.

 

Le Tore de Stanford :

sphere de Stanford

 

Permettant d’accueillir 10 000 résidents permanents, le tore (en forme d’anneau creux) de Stanford est imaginé tournant sur lui-même une fois par minute afin de créer une gravité équivalente à celle de la Terre (0,9 à 1 g) par effet d’inertie, c’est-à-dire grâce à la force centrifuge. La lumière est redistribuée comme dans le modèle de la sphère de Bernal tandis que le paysage intérieur est conçu comme une vallée glaciaire se dirigeant vers le haut jusqu’à faire une boucle avec elle-même.

 

 

Une partie du tore serait réservée à l’agriculture et une autre aux résidences. L’anneau serait également connecté à un noyau central permettant le passage des personnes et des équipements. Ce concept a été proposé en 1975 par la NASA dans une étude conduite par Gerard K. O’Neill et l’Université de Stanford et s’inspire de celui proposé par Wernher von Braun en 1952. Gerard K. O’Neill baptisera ce projet « Island Two » (la Seconde Île).

 

Projet de station orbitale de  Wernher von Braun, 1952

 

Le cylindre O’Neill :

cylindreoneill

 

Il consiste en deux cylindres à rotation inversée, chacun divisé en six parties égales mesurant 3 kilomètres de rayon et 30 kilomètres de circonférence. Trois de ces parties sont des surfaces de type « fenêtres » permettant à la lumière de pénétrer le vaisseau. Les trois autres parties sont de type « terre ».

 

intérieur du cylindre oneill

 

Un anneau extérieur de 15 kilomètres de long tourne à une vitesse différente des deux cylindres et sert à l’agriculture. Ce projet serait conçu pour accueillir jusqu’à plusieurs millions de personnes et a été baptisé par son inventeur « Island three » (la Troisième Île).

Ces concepts sont porteurs d’espoir pour le règne du vivant mais ont un coût. Évidement à l’heure actuelle, ces projets sont considérés comme beaucoup trop coûteux et hypothétiques. Ces habitats spatiaux n’ont jamais pu être testés par la NASA à cause des moyens financiers considérables dont le projet a besoin. Il a d’ailleurs un autre coût, celui de l’environnement, car la mise en place de ce projet colossal nécessiterait plus de 2000 lancements.

 

 

Quelles sont aujourd’hui les raisons qui pourraient justifier de nouvelles recherches dans le domaine de la colonisation spatiale ?

 

space

 

Il ne faut pas se le cacher, beaucoup de dangers nous guettent dans l’espace. En voici quelques uns qui donnent beaucoup de fils à retordre aux chercheurs :

  • La vie en gravité influe grandement sur la santé du corps humain qui n’est pas adapté à cet environnement de vie.
  • L’exposition aux rayonnements spatiaux.
  • La nutrition qui doit être adaptée à un tel séjour en prenant en compte les modifications physiologiques apparaissant une fois dans l’espace.
  • La naissance et la reproduction est un autre point noir de cette expédition. Une étude a d’ailleurs récemment montré que des animaux nés dans l’espace (notamment des méduses, prises comme cobayes pour la ressemblance existant entre leur mécanisme interne d’orientation et le nôtre) étaient incapables de trouver leur équilibre sur Terre. Pareillement, un animal ayant vécu un certain temps dans l’espace souffrira d’une perte de repère temporaire une fois de retour sur la planète bleue. Nous ne savons pas quels sont les effets à long termes (sur plusieurs générations).
  • La psychologie est aussi un domaine qui en inquiète plus d’un car nous ignorons si les êtres humains mais aussi les animaux et les plantes ne souffriront pas de leurs nouvelles conditions de vie.
  • Les lois devront êtres totalement revues pour s’adapter à notre nouvelle vie de nomades de l’espace.
  • La taille de la population est également un problème. Il faudrait alors trouver un moyen de créer un ou plusieurs vaisseaux pour tous les habitants de la planète en prenant en compte le facteur expansion.
  • L’autonomie de la colonie.

Devant tous ces défis à relever, il ne nous reste plus qu’une question à nous poser :

 

 

Pourquoi continuer à aller dans l’espace ?

 

voie lactee couleur

 

En 2001, le site d’actualité Space.com a posé la question à trois scientifiques ( Freeman Dyson, J. Richard Gott et Sid Goldstein ). Voici leurs réponses :

  • Pour assurer la survie de l’espèce.
  • Pour améliorer l’économie.
  • Pour sauvegarder l’environnement.
  • Pour répandre la vie et sa diversité.
  • Pour l’art, l’intelligence et la beauté dans l’Univers.

Une autre raison importante a par exemple été abordée par la Mars Society : « Il faut aller sur Mars, parce qu’il s’agit d’un défi formidable à relever. Les civilisations ont besoin de se mesurer à de tels défis pour se développer. La guerre a longtemps joué ce rôle. Il faut trouver maintenant d’autres motifs de dépassement ».

Il ne nous reste donc plus qu’à tenir bon, jusqu’à ce que le monde disparaisse.

Sources : Nasa Space Settlements

Sources images : Wikipédia